La photo de famille

J’aime les journées comme celle là, où je peux me permettre de tuer le temps a faire des choses inutiles dans ce genre. (Cliquez sur la photo pour l’agrandir.)

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Ramid veut reformer la Justice… mais “c’est au roi de prendre la décision”

Mustapha Ramid est probablement le plus en vue des ministres du parti islamiste PJD, depuis qu’il a été nommé à la tête d’un des ministères clés du gouvernement marocain, celui de la Justice (et des libertés publiques, faut-il le préciser ?). Il s’est distingué dans le passé par son franc parler et ses positions clairement opposées aux pratiques du Makhzen, le pouvoir marocain. Dans une interview qu’il a accordée mardi à Reuters, le nouveau ministre déclare vouloir mettre fin aux pratiques du passé, notamment en ce qui concerne le code de la presse et le cas des nombreux prisonniers d’opinion, pour lesquels il laisse entendre qu’il demandera la grâce royale :

“Nous avons notre vision des choses mais nous avons également des contraintes institutionnelles. Le gouvernement ne peut pas intervenir dans la justice. C’est une institution indépendante.

“Il y a cependant une voie unique, qui est celle du pardon royal. Nous y travaillerons donc et nous déploierons nos efforts pour essayer de régler ce problème. En fin de compte, ce n’est pas à nous de décider mais c’est au roi de prendre la décision. Nous essaierons de faire en sorte que cette décision soit basée sur des informations et des propositions que nous présenterons (au roi).” Continue reading

#FEB20, sans qui rien n’aurait changé

 

L’idée du poster ci-dessous m’est venue suite à une discussion avec un ami où il était question du mouvement du 20 février. La question était de savoir si ce dernier avait joué un role dans l’évolution que connaît le Maroc actuellement. Dans mon esprit la réponse est claire : sans le mouvement du 20 février, il est très probable qu’aucune des réformes n’aurait été initiées. Mais le poster mérite une courte explication. Je n’ai pas envie de m’étaler en prose, alors je dirais que ce n’est pas une tentative de minimiser la victoire du PJD, qui est par ailleurs méritée. Cette victoire soulève cependant autant de questions qu’elle ne suscite d’espoir. Je suis sceptique à l’idée que le Makhzen se soit définitivement retiré des affaires mais j’espère me tromper. Que ceux qui gouverneront ce pays tiennent tête aux injonctions autoritaristes du régime. Mais surtout que ceux qui prétendent être démocrates reconnaissent au mouvement du 20 février son droit à manifester et son rôle dans cette évolution–aussi incomplète et frustrante soit elle–au lieu de lui jeter des pierres.

Required reading: Morocco’s new elections, just like the old elections?

On Foreign Policy Daphne McCurdy, who participated in an international observation mission for Morocco’s November 25 elections, goes beyond the clichés surrounding the victory of the Islamist PJD party and describes fairly accurately the political reality in the country and the issues at hand following that crucial poll. Truly, the most well-informed and thoughtful article I read so far about the recent legislative elections.

Both the low turnout and the PJD’s success show that Moroccans want genuine change, and won’t be fooled by superficial attempts to win them over. But it is clear that such meaningful change will not come from the king. With endemic corruption, decreasing quality of health care and housing, and increasing levels of unemployment, Moroccans suffer from the same issues that ail the rest of the Arab world. While they probably don’t want to go down the path of revolution, unless political parties take more ownership of the political process and stand up to the king, disaffected Moroccans may find they have nowhere to go but the streets.

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Legislatives marocaines : Je boycotte… et voici mes raisons

Je voudrais m’adresser a mes compatriotes honnêtes et bien intentionnés qui veulent aller voter aux législatives vendredi et ceux qui hésitent encore à prendre la décision de sortir voter le 25. Je parle à ceux qui pensent, en leur âme et conscience, qu’en allant voter ils pourront aider au changement en apportant du sang neuf aux institutions, en espérant ainsi pousser la classe politique actuelle, majoritairement corrompue et inféodée au Makhzen, en dehors du système.

J’aimerais partager avec eux mon point de vue et leur expliquer pourquoi je suis convaincu que le boycott et le meilleur choix à faire. Avant qu’ils ne s’énervent et qu’ils ne cliquent sur la petite croix, je leur demanderais de me donner une petite chance en lisant ce qui suit.

Je suis intimement convaincu que les personnes bien intentionnées qu’elles sont espèrent voir une transition démocratique au Maroc sans faire courir au pays les risques de crises internes ou de conflits que d’autres pays de la région connaissent.

Mais dans les conditions politiques actuelles dans lesquels se retrouve le Maroc, voter consisterait à essayer de traiter un cancer à coup de tablettes de paracetamol.

Je les invite maintenant à laisser libre cours à leur imagination. Essayons ensemble de dessiner les trajectoires hypothétiques, mais réalistes de ce processus en cours. Qu’arrivera t-il si 1) le taux de participation est élevé, et si 2) à l’opposé, le taux d’abstention est plus conséquent. Continue reading